Les Innus

Notre histoire

Dans notre langue, « Innu » signifie « être humain ». C’est ainsi que notre peuple s’est lui-même nommé il y a des centaines d’années, bien avant la venue des colons européens. Le mot « Innu » a toutefois été officiellement adopté en 1990 pour remplacer l’appellation de « Montagnais » que nous avaient donnée les Européens lors de leur arrivée en Amérique.

De lointaines origines

Nos ancêtres innus sont arrivés sur le territoire actuel il y a plus de 10 000 ans. Les artéfacts découverts dans les sites archéologiques où s’effectuent aujourd’hui les Croisières Essipit révèlent que leur économie était basée sur l’exploitation globale des ressources de l’environnement par la chasse, la pêche et la cueillette. Leur mode de vie essentiellement nomade était alors conditionné par le rythme des saisons.

De nomades à sédentaires

Nomades, nos ancêtres se déplaçaient pour trouver la nourriture nécessaire à leur survie. L’arrivée des premiers colons européens au 18e siècle a considérablement modifié le rythme de vie de l’ensemble des populations autochtones.

Une économie de traite s’est progressivement installée. Les Innus échangeaient de la viande et de l’huile pour obtenir des biens quotidiens fournis par les Européens (miroirs, couteaux, casseroles, haches, etc.). Parallèlement, la population d’orignaux diminuait beaucoup, si bien que nos ancêtres se sont tournés vers la chasse au loup-marin (phoque) comme solution économique de rechange. Tous ces facteurs ont contribué à transformer le mode de vie des Innus, qui sont devenus de plus en plus sédentaires.

La création de la réserve innue Essipit

En 1892, la réserve « Essipiunnuat », qui signifie « les Innus de la rivière aux coquillages », a officiellement été créée par le Gouvernement du Canada. Le territoire a été redéfini et coupé des couloirs naturels de circulation sur l’eau en raison du développement de l’industrie forestière. Des chantiers de coupe de bois et des scieries se sont établis en bordure des grandes rivières sur lesquelles se faisait la drave jusqu’au fleuve Saint-Laurent.

Pour tirer des revenus d’appoint, les Innus ont alors favorisé la commercialisation de produits d’artisanat auprès des villégiateurs fréquentant Tadoussac.

Le développement touristique

Inspirée des valeurs traditionnelles, notre communauté s’est complètement renouvelée en 1978. Nous nous sommes lancés dans le développement d’une offre récréotouristique avec la création des Entreprises Essipit. Lieu de rencontre estival prisé depuis la moitié du 19e siècle, notre territoire est devenu l’authentique destination vacances de la Côte-Nord du Québec.

Depuis maintenant plus de 35 ans, les Entreprises Essipit offrent une expérience axée sur la nature, au cœur du territoire innu. L’organisation gère l’ensemble des activités et des installations de notre territoire. Les Entreprises Essipit appartiennent aux membres de notre communauté, qui privilégie un système coopératif communautaire et un profond respect des ressources naturelles.

Grâce aux Entreprises Essipit, des touristes du Québec, du Canada et du monde entier découvrent tout le charme de la Côte-Nord, empreint de notre réalité autochtone.

La culture autochtone gagne à être connue

Plan de la communauté

Culture autochtone

C’est dans la paix et l’amitié que la culture autochtone définit l’identité de notre peuple depuis des siècles. La nation innue, à laquelle nous appartenons, se distingue des autres nations autochtones du Québec par ses coutumes et son mode de vie. Nous sommes fiers de notre héritage culturel qui se reflète dans nos actions quotidiennes afin de maintenir un mode de vie contemporain et une identité bien vivante.

Une langue centrée sur le monde

Bien que la plupart des membres de notre communauté s’expriment aujourd’hui en français, nous demeurons fortement attachés à notre langue maternelle, l’innu-aimun (ou montagnais). D’ailleurs, plusieurs de nos sites d’hébergement portent des noms issus de la langue innue à la mémoire de ceux qui nous ont précédés. C’est notre manière de préserver cette langue et de l’enseigner à nos enfants.

Beaucoup plus qu’une langue, l’innu est une façon singulière de voir le monde. Les mots qui la composent créent de véritables images et un univers en soi. Les mots-images sont formés par la juxtaposition de deux mots. Par exemple, le mot « Ishkuteutapan » (train) est issu des mots « Ishkuteu » (feu) et « Utapan » (voiture).

Considérant que la culture innue se transmet généralement de vive voix, il existe très peu de livres et de documents publics sur notre langue. Heureusement, l’internet et les nouvelles technologies contribuent à son rayonnement. Une visite de nos sites traditionnels vous fera découvrir cette langue riche en significations.

Des contes et légendes fantastiques

Notre culture ne serait pas la même sans les contes et légendes fantastiques qui l’ont façonnée il y a des siècles. La plupart des histoires racontées mettaient en scène des animaux qui échangeaient avec l’être humain. Nos ancêtres vouaient un grand respect à la nature et aux animaux. Pour eux, l’humain et l’animal ne partageaient qu’une seule et même terre, l’humain étant lui aussi un maillon de la chaine de la vie.

Parmi les légendes les plus populaires, mentionnons celle des oiseaux d’été, qui explique aux Innus comment vivre en harmonie avec leur environnement. À travers ces histoires anciennes, les parents inculquaient les valeurs innues à leurs enfants.

L’art innu dans toute sa diversité

Artisans dans l’âme, nos ancêtres exerçaient leur créativité sous différentes formes. Certains peignaient des motifs sur les peaux de caribous pour ensuite en faire des vêtements ou de la peau de frappe pour les tambours. D’autres offraient des prestations musicales et vocales lors des cérémonies traditionnelles sacrées. Enfin, certains réalisaient d’impressionnantes sculptures essentiellement à l’effigie des animaux de la nature. La culture innue s’exprimait de façon libre et pacifique, toujours dans le plus grand respect de l’environnement.

Fier de sa culture, notre peuple compte aujourd’hui plusieurs artistes engagés qui contribuent à la faire connaitre partout à travers le Québec et le Canada. Nos artistes brillent entre autres grâce à la chanson, à la poésie et à l’art visuel. Même si chacun a sa propre personnalité, tous ont un point en commun : le désir sincère de partager la culture traditionnelle innue.

Valeurs innues

Les Entreprises Essipit  et notre communauté ont à cœur les valeurs innues qui les unissent. Le partage de la culture innue, le respect de l’environnement et la mise en valeur des ressources naturelles constituent les trois piliers de notre identité culturelle.

Partage de la culture innue

Encore aujourd’hui, notre communauté veille à maintenir vivante la notion de partage dictée par nos ancêtres. Nous partageons avec générosité les us et coutumes de notre culture avec les touristes, tout comme nous partageons la richesse à l’intérieur de notre propre communauté.

Le système coopératif communautaire est d’ailleurs le fondement de notre développement socioéconomique. Les Entreprises Essipit appartiennent à l’ensemble de notre communauté et leur exploitation est notre principale source de revenus. Le partage fait partie de notre mode de vie depuis des centaines d’années et nous perpétuons cette longue tradition avec fierté.

Respect de l’environnement

Les ancêtres de notre communauté vouaient un immense respect à l’environnement dans lequel ils vivaient. Ils se nourrissaient de la pêche, de la chasse et de la cueillette. Les humains partageaient la terre en parfaite harmonie avec la faune et la flore.

Nous poursuivons aujourd’hui l’œuvre de nos ancêtres en favorisant une saine gestion du territoire. Nous croyons profondément qu’il est possible de proposer une offre touristique attrayante tout en préservant la qualité de l’environnement pour les générations à venir.

Mise en valeur des ressources naturelles

La structure socioéconomique de notre communauté repose sur la mise en valeur des ressources naturelles qui ont marqué notre histoire. Nous misons sur le rayonnement des multiples cours d’eau, des terres fertiles et des paysages verdoyants. L’offre touristique des Entreprises Essipit s’articule essentiellement autour de l’expérience de villégiature unique et d’activités de plein air énergisantes.

Cuisine traditionnelle

La cuisine traditionnelle innue découle du mode de vie nomade qu’avaient adopté nos ancêtres lors de leur arrivée en Amérique du Nord. La chasse, la pêche et la cueillette permettaient une utilisation harmonieuse des richesses de la terre pour favoriser la survie de la communauté. Encore aujourd’hui, les traditions culinaires innues demeurent fidèles aux coutumes ancestrales.

Une consommation respectueuse

Convaincus de l’importance de préserver l’environnement dans lequel ils vivaient, nos ancêtres s’adaptaient aux ressources que celui-ci leur fournissait. Ils avaient une alimentation très variée, notamment basée sur la consommation de viande et de graisse animale pour affronter les rigueurs climatiques.

Les Innus ne gaspillaient pas une seule partie des animaux qu’ils abattaient. Pendant que l’animal mijotait dans son bouillon, ils recueillaient la graisse avec une large cuiller et en remplissaient un chaudron qui était ensuite passé à la ronde à tous les convives. C’est dans cet esprit de respect de la nature et des animaux que nos ancêtres ont pu assurer leur subsistance au gré des saisons.

Les méthodes de conservation

Pour éviter le gaspillage et la perte de viande, nos ancêtres avaient développé leurs propres méthodes de conservation des aliments. Ils procédaient au fumage et au séchage de la viande pour faire leurs provisions.

Des supports de bois en forme de grille étaient aménagés à l’intérieur des habitations. On y accrochait des lanières de viande et de poisson tailladées et percées à plusieurs endroits pour faciliter le séchage au-dessus d’un feu de fumée. La viande et le poisson pouvaient être fumés pendant 3 ou 4 heures selon l’épaisseur des lanières. Une fois séchée, la viande appelée « Pashteuiatsh » servait à nourrir les familles les jours suivants.

Les surplus de viande séchée pouvaient aussi être réduits en poudre et entreposés dans des contenants afin d’être utilisés comme « Pammican » ultérieurement. Facilement transportable d’un lieu à l’autre, le « Pammican » était très apprécié par le peuple nomade. Les Innus y ajoutaient de la graisse ou de l’huile pour augmenter leur apport énergétique surtout lors d’explorations de chasse.

Du troc et des échanges

Bien avant l’arrivée des premiers Européens, les Innus avaient tissé des liens avec les autres peuples autochtones établis près d’eux. Par exemple, le troc avec les Hurons permettait un approvisionnement en farine et en blé d’Inde.

Au contact avec les Européens, nos ancêtres ont graduellement introduit de nouveaux aliments à leur cuisine tels que le thé, la mélasse, les pois et le pain. C’est aussi à ce moment que la farine est devenue de plus en plus utilisée par le peuple innu, entre autres pour la préparation de la banique, le pain traditionnel innu.

Les mets traditionnels

La cuisine traditionnelle innue est généreuse en couleurs et en saveurs. Il existe beaucoup de mets typiquement innus qui sont encore aujourd’hui très appréciés tant par les Autochtones que par les touristes.

Parmi les mets les plus populaires, on retrouve la banique, ce pain traditionnel aussi appelé
« Puesheken ». La pâte pétrie était placée directement sur le sable préalablement chauffé par un feu de bois. La cuisson pouvait durer jusqu’à deux heures, tout dépendant du degré d’humidité du sable. Le pain était finalement gratté à l’aide d’un couteau pour enlever le surplus de sable avant d’être servi. Aujourd’hui, la banique est généralement cuite dans un poêlon ou dans le four.

Cuisiner la banique

La viande de caribou étant au cœur de la cuisine traditionnelle innue, il existe encore de nos jours différentes recettes qui rappellent l’époque où nos ancêtres chassaient pour assurer leur survie. On pouvait alors manger la viande de caribou cuite, fumée ou même crue. Des chefs cuisiniers s’inspirent des traditions culinaires innues pour réinventer la gastronomie contemporaine. Pensons entres autres au caribou frit et au tartare de caribou.

Cuisiner le tartare